dimanche 3 septembre 2017

Slow Blow (12") - Hot R.S. (1977)



En 1977, les musiciens sud-africains Kevin Kruger et Dan Hill unissent leurs talents et forment le projet disco 'Hot R.S.'. Ils travaillent à la réalisation d'un premier album. Pour situer le contexte dans lequel cet album voit le jour, remémorons-nous les grandes lignes : 1977, c'est l'année où la musique synthétique déferle. Mais c'est aussi l'année durant laquelle plusieurs groupes disco remettent au goût du jour le traditionnel morceau "The House Of The Rising Sun". Quant aux années 1975 et 1976, elles ont été riches en titres porno-disco, signe d'une révolution sexuelle évidente. Dan Hill n'est pas insensible à l'érotisme féminin, comme en témoignent depuis les années 1960 les pochettes osées de ses albums "Sounds Electronic". N'oublions pas enfin que Hill et Kruger vivent en Afrique du Sud, et qu'il sont très certainement imprégnés de l'atmosphère qui y règne, entre la ville de Johannesburg, les grands espaces naturels et les océans qui entourent le pays... 
C'est dans cette ambiance que naît le premier LP de 'Hot R.S.'. La face A est entièrement dédiée à la reprise du titre "The House Of The Rising Sun", dans une version disco-rock-électronique arrangée par Hill et Kruger. Dès l'introduction, on est plongé dans un univers très marqué, avec ce vent soufflant dans nos oreilles et ces sons d'orgue synthétique hurlant dans le silence inquiétant. La 'maison du soleil levant' s'éveille et prend vie... Nous sommes à la croisée des chemins, entre Johannesburg et la Nouvelle-Orléans, dans un quartier de style colonial, près de la mer qui s'étend à perte de vue, dans la chaleur de l'été...et cette maison malfamée, maison de la tentation et des plaisirs malsains, accueille en son sein toutes les âmes perdues et égarées. La voix masculine est grave, profonde et rocailleuse, tandis que la voix féminine est claire, cristalline, pure.
La version faite par Hill et Kruger est construite à la manière du "Love To Love You Baby" de Donna Summer : plaisir montant crescendo, orgasmes et gémissements, tension maximale, puis jouissance explosive dans une débauche de sons synthétiques, presque inquiétants, qui retranscrivent parfaitement les sensations que l'on ressent lors d'un orgasme final...    
En face B du disque, on découvre tout d'abord "Slow Blow", un titre inédit écrit par Kevin Kruger, et arrangé par Kruger et Hill. C'est un disco mid-tempo, assez rock, avec quelques touches d'électronique. Cette fois-ci, le plaisir se conjugue au masculin. On entend les soupirs d'un homme qui commande et dirige. Il ordonne de sa voix grave : "take it slow". On l'imagine dans la 'maison du soleil levant', étendu sur un lit, une femme à ses ordres, le masturbant et lui faisant une fellation.
Enfin, le LP se termine sur la reprise disco du titre "Delta Queen", arrangée là encore par Hill et Kruger. L'ambiance est la même que celle présente dans "The House Of The Rising Sun". D'ailleurs, "Delta Queen" et "The House Of The Rising Sun" s'accordent bien, puisque ces deux morceaux parlent de la Nouvelle-Orléans. On tient donc là un album homogène et très bien ficelé, dont le thème et sa retranscription musicale ont été soigneusement travaillés, afin d'évoquer immédiatement en nous des images, une atmosphère, et provoquer des sensations.
Le nom 'Hot R.S.', astucieusement choisi, est fabriqué à partir des initiales de "House Of The Rising Sun". On voit que jusque dans le nom du projet, rien n'est laissé au hasard, puisque 'Hot R.S.' évoque la 'maison du soleil levant', mais aussi l'érotisme 'hot' présent dans chaque titre.
L'album est enfin prêt. Il est produit par Kevin Kruger et diffusé en Afrique du Sud par la label 'RPM Records', label co-fondé par Dan Hill. Mais sa diffusion ne s'arrête pas aux frontières de l'Afrique du Sud : ainsi, diffusé par différents labels, l'opus s'exporte dans plusieurs pays : France, Brésil, Suède, Italie... On apprend au dos de la pochette que les claviers qui ont été utilisés sont les suivants : 'Korg Polyphonic Ensemble' et 'Korg 8000 Synthesizer'. Enfin, trois pochettes différentes sont disponibles selon les pays, et toutes trois retransmettent à leur manière l'ambiance de l'album. La première présente le buste d'une femme brune (Sue Kiel) au milieu de la nuit, la seconde montre une personne sur le balcon de ce qui semble être la 'maison du soleil levant', et enfin, la troisième propose une femme-poisson ou femme-sirène entièrement nue, recouverte de la tête aux pieds d'un étonnant mais magnifique maquillage. Elle est étendue -ou échouée - sur une plage déserte devant la mer, tenant une pomme dans sa main, et le nom de 'Hot R.S.' se découpe dans le ciel à la manière des rayons du soleil...  
Le titre "The House Of The Rising Sun" est diffusé en single, avec en face B "Slow Blow".

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